« Il y a des choses que l’on ne peut voir que dans le noir. » C. Ruiz Zafon

La peur de l’obscurité est certainement une des frayeurs les plus banales de l’enfant.
Quant au sommeil - comparé à un voyage vers l’inconnu où l’on s’aventure seul - il est bien souvent source d’appréhension. Se glisser dans le lit, c’est attendre sur le quai le train du sommeil. Dans cet espace temps, sur l’écran noir de la nuit,nos angoisses se projettent. Suis-je en sécurité dans ma chambre ? Vais-je me réveiller demain ? Dormir est-ce mourir ? Les bruits, les ombres et même les objets les plus familiers deviennent alors menaçants… "L'enfant qui ne fermait pas les yeux" parle de ce moment où le jour cède la place à la nuit et où la réalité devient toute autre.
Afin de jouer sur l’ambiguïté entre réel et imaginaire, nous utilisons l’ombre et la marionnette (manipulée à vue). Avec elles, c’est l’inanimé qui prend vie, et qui devient ici personnage fantasmagorique.
Les créatures peuplant les chambres d’enfant ne sont que bois, tissu, ombre ou lumière se faisant et se défaisant sous nos yeux.
Nos personnages, tendres, cruels ou drôles, témoignent dans leur étrangeté d’une dimension poétique proche de l’univers de Tim Burton.
Dans notre spectacle, l’aspect visuel est indissociable de l’aspect sonore ; c’est pourquoi un musicien est en permanence sur scène.
Quand au décors, nous jouons sur la symbolique : un lit et une fenêtre. Faits de bric et de broc, ils évoquent à la fois instabilité et fragilité.
« L’obscurité est vertigineuse… Quand l’œil voit noir, l’esprit voit trouble. » V. Hugo